Si vous êtes traducteur indépendant, vous devez les connaître, ces clients qui vous demandent de travailler sur leur propre plateforme en vous assurant qu’elle est « facile à utiliser » et « tout à fait identique à Trados » (faux).

Et c’est toujours difficile de leur faire comprendre pourquoi on n’aime pas travailler avec leurs outils. On a nos outils. On aime nos outils. On est des créatures d’habitude, nous, les traducteurs.

1) Les raccourcis clavier qui changent

Quand on a l’habitude de cliquer sur « ctrl+enter » pour confirmer et passer au segment suivant, on n’a pas envie de cliquer sur « ctrl+k » dans un autre outil. Surtout quand, avec un peu de malchance, « ctrl+enter » correspond à une autre fonction, qu’on active par mégarde chaque fois qu’on revient à nos vieilles habitudes. Donc non, cher client, votre programme n’est pas « tout à fait identique à Trados » si vos raccourcis clavier ne sont pas les mêmes.

2) Les fonctions qui n’existent pas

Une des fonctions que j’adore dans Trados, c’est la recherche contextuelle. Celle-ci vous permet, en sélectionnant un terme source et en cliquant sur alt+f3, de rechercher dans la mémoire de traduction les autres occurrences de ce terme pour voir comment vous l’avez traduit dans le passé. Ça assure une meilleure harmonisation des textes… et c’est une fonctionnalité que je n’ai encore jamais retrouvée dans les outils de TAO des clients.

J’aime Trados pour ses fonctions d’analyse, qui me permettent de voir facilement le nombre de répétitions. J’aime Trados pour sa manière de m’afficher les segments/mots restant à traduire (et pas seulement sous forme de pourcentage). J’aime Trados qui me permet de chercher un mot dans TOUT le texte source ou cible, avec la fonction habituelle « ctrl+f ». Les programmes de certains clients divisent le texte en pages, ce qui complique la recherche et la visibilité.

3) L’incompatibilité avec Antidote

J’ai acheté Antidote. J’aime Antidote. Je veux pouvoir utiliser Antidote. Laissez-moi utiliser Antidote. Ne me forcez pas à utiliser un programme qui n’est pas compatible avec les outils que j’ai achetés. Ayez pitié de mon incapacité à penser à TOUTES les espaces insécables.

4) L’impossibilité de travailler hors ligne ou l’obligation d’installer un programme

Il y a deux types d’outils proposés par les clients : les programmes en ligne et ceux à installer. Je n’ai pas envie d’installer un programme, j’en ai déjà un. Et je n’ai pas non plus envie d’un programme en ligne, qui implique de me retrouver bloquée si Internet venait à tomber en panne ou de me rendre compte que les 10 derniers segments n’ont pas été enregistrés parce qu’Internet (voire leur site) avait freezé. Et, oui, c’est du vécu.

Conclusion

Heureusement, certains clients le comprennent. Encore cette semaine, une agence a accepté sans rechigner de m’envoyer le fichier pour que je le traduise via mon propre outil, en dédaignant leur plateforme.

J’espère qu’un jour viendra où tous comprendront que leur outil ne doit être qu’une alternative visant les traducteurs n’ayant pas encore investi dans un CAT tool, et qu’il ne doit pas être imposé aux autres.


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