Une question qui est revenue plusieurs fois lors de discussions avec des étudiants, c’était de savoir comment trouver des clients. Effectivement, au début, on est un peu désorienté face à la multitude d’endroits où chercher : faut-il contacter directement des agences, des traducteurs indépendants, des grandes boîtes ? Faut-il les contacter via Internet, par courrier, par téléphone ? Quels sont les bons sites pour trouver des offres d’emploi pour traducteurs ? Les réseaux sociaux comme Facebook, LinkedIn, Twitter, sont-ils de bons outils ? Etc, etc. Je vais tenter de vous donner un maximum de pistes, tout en restant la plus concise possible. Bien évidemment, de nombreuses autres méthodes existent, celles que je décris ici ne sont pas forcément les meilleures, mais plutôt celles que j’utilise personnellement.

1) Contacter les agences

C’est l’une des premières étapes à suivre, selon moi. Vous pouvez chercher sur Internet des agences de traduction, regarder leur site (très important : ne vous contentez pas de regarder la page « contact » et d’envoyer la même lettre à toutes les agences, regardez leurs spécialisations, et essayez d’envoyer une lettre un minimum personnalisée. Par exemple, si le site insiste sur les traductions techniques, valorisez votre expérience ou votre intérêt pour ce domaine de traduction. Si l’agence a l’air spécialisée en traduction juridique et que vous détestez ce domaine, ne perdez pas votre temps et celui de l’agence en postulant inutilement.) Bref, visez large, contactez les agences qui vous semblent correspondre le mieux à votre profil, et soyez patients – certaines agences ne répondent jamais ou mettent plusieurs mois à le faire. C’est un petit investissement en temps, mais qui peut être payant à long terme.

2) Contacter les traducteurs indépendants – utilisez les réseaux sociaux

C’est une bonne idée aussi, mais elle se concrétise différemment. Il ne s’agit plus ici d’envoyer des e-mails, mais plutôt d’utiliser les réseaux sociaux pour vous faire remarquer. Créez une page Facebook, une page LinkedIn, soyez complets – c’est la première étape. Ensuite, augmentez votre visibilité : sur LinkedIn, inscrivez-vous à plusieurs groupes pertinents. Là, l’erreur (que j’ai faite au début !) à ne surtout pas faire, c’est de simplement poster sa pub sur le groupe sans préambule. Les membres vont se sentir agressés ou utilisés ; et ils n’auront aucune envie de vous contacter. La bonne méthode consiste plutôt à vous intéresser à ce qui se dit dans les publications, sur les forums de discussion : quelqu’un pose une question et vous pensez pouvoir aider ? Répondez. Quelqu’un partage un article qui semble intéressant ? Prenez le temps de le lire et de mettre un commentaire utile, ou simplement de remercier la personne pour son article. Après, ça va très vite : à force d’intervenir, les gens vont voir votre nom apparaître de plus en plus et, par curiosité, vont aller regarder votre profil et se souviendront de vous non comme quelqu’un d’intrusif, mais comme quelqu’un d’intéressant. Après, ne tombez pas dans l’extrême non plus : j’ai vu une fois quelqu’un répondre à une question « je n’en ai aucune idée, mais peut-être quelqu’un d’autre pourra-t-il vous aider » ; ce n’est pas très constructif.

3) Les sites d’offres pour traducteurs

Je ne citerai ici que ProZ, le plus connu et le plus utile selon moi. Le principe est simple : vous vous inscrivez, vous remplissez votre profil (très important, remplissez-le au maximum et tentez de vous démarquer), et vous avez accès aux offres de traduction dans vos langues de travail. Il arrive également que des clients tombent sur votre page sur le site et vous contactent directement, sans même que vous ayez besoin de postuler – c’est bien évidemment de là que viennent les clients les plus intéressants. Je vous conseille de prendre la version payante, qui vous permet d’avoir accès à de nombreuses autres offres, invisibles pour les membres non payants. Ce n’est pas très cher (une centaine d’euros/an) et déductible.

4) Que faut-il dire quand on postule

Il est très important d’envoyer votre CV bien évidemment, accompagné d’une petite lettre de motivation qui résume rapidement qui vous êtes, quel est votre parcours et pourquoi vous postulez. Pensez à donner votre capacité de traduction quotidienne (ne vous surestimez pas, c’est inutile) et une fourchette de tarifs (en précisant que ceux-ci varient selon la deadline ou le texte). Précisez les études que vous avez faites (l’intitulé et la durée, sans entrer dans les détails à moins qu’ils soient pertinents pour le client concerné). Donnez bien évidemment vos langues de travail et les services complets que vous fournissez (traduction/relecture/transcription…). Si vous êtes prêt à passer un petit test non rémunéré, dites-le également. Enfin, n’oubliez pas de dire quels outils vous possédez (Trados, etc). L’essentiel est d’être à la fois le plus complet possible (sans exagérer, pas besoin de donner le descriptif de vos cours) tout en restant concis. Pensez qu’une agence reçoit un nombre incalculable de candidatures par jour, il faut donc que la personne qui reçoit la vôtre voie directement en quoi vous engager serait intéressant.

5) Attention aux arnaques

Je sais qu’au début, il est parfois difficile de faire le tri entre les vraies offres intéressantes et les arnaques. Pour débusquer les arnaques, plusieurs étapes à suivre (je ne vous garantis pas que ça suffit pour éviter les arnaques, mais ce sont quelques mesures qui peuvent aider) :

– tapez l’adresse mail du client potentiel sur Google ; si vous tombez sur une page LinkedIn, son site Internet, etc. dans les premiers résultats, c’est déjà bon signe. Vous pouvez aller encore plus loin en tapant son adresse et « scam » ou « arnaque » pour voir les résultats que ça vous donne.

-méfiez-vous des clients qui n’acceptent de payer qu’en chèques moneybooker, c’est souvent des arnaques. En général, dans ce genre de cas, le client vous envoie « par erreur » un chèque avec un montant trop élevé et vous demande de lui rembourser la différence, avant d’annuler son chèque.

-cherchez le client dans le BlueBoard de Proz, pour voir s’il y a des commentaires à son sujet.

– enfin, soyez critique : en général, une offre qui a l’air trop belle pour être vraie EST trop belle pour être vraie.


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