Bonjour à tous!

Suite à une question récente, je me décide enfin à écrire sur un sujet vaste qui me tentait depuis quelques temps : celui des tarifs. Dans le milieu de la traduction, la question des tarifs pose parfois problème car il n’y a pas de règle en la matière, chacun peut proposer ses prix comme il le souhaite. En plus, on est payé le plus souvent au mot, on doit donc définir un tarif adapté à notre rapidité de travail – entre de nombreux autres facteurs.

1) Justement, comment établir ses tarifs?

Il faut commencer par estimer le nombre de mots que vous traduisez par heure/jour – en moyenne. N’oubliez pas que vous avez des tâches non rémunérées comme la compta, et que vous n’aurez pas forcément des projets à chaque heure du jour, chaque jour de la semaine – autrement dit, si vous traduisez par exemple 500 mots/heure, vous ne devez pas calculer « 500 mots x 8h = 4000 mots/jour ». Pensez ensuite à vos frais – impôts, cotisations sociales, comptable,… Enfin, définissez le prix qui vous semble approprié pour parvenir à un taux horaire viable sur base de tout ça. Vous pouvez éventuellement vous inspirer des statistiques visibles sur TranslatorsCafé ; même si beaucoup proposent des tarifs très bas sur ces sites, ce qui fausse les moyennes.

2) Faut-il en vouloir à la concurrence?

« C’est honteux, les indiens proposent des traductions à 2 cents le mot, impossible pour nous de trouver du travail dans ces conditions ». Premièrement, n’oublions pas que le coût de la vie est moins élevé dans certains pays, on ne peut donc pas leur demander de se calquer sur nos tarifs à nous, riches européens. Bien sûr, ça peut sembler injuste puisque la traduction se fait via Internet, il est donc très facile de « délocaliser » pour gagner quelques sous. Mais n’oubliez jamais que l’existence d’Ikea n’empêche pas d’autres magasins de meubles d’avoir des clients – chacun son public, tout simplement. Il n’y a pas que le prix qui compte: le fuseau horaire, la rapidité, la qualité, le service (politesse, proposer non seulement de la traduction mais aussi de la relecture/transcription), la variante (français de France/Belgique/Canada etc.),…

3) Et qu’en est-il des réductions en cas de répétition (Trados et autres CAT tools) ?

Encore une fois, il n’y a pas de règle. C’est à vous de voir ce que vous en pensez. Certains diront que vous avez payé Trados plusieurs centaines d’euros et qu’il est normal que ce programme vous fasse gagner du temps/de l’argent ; ce n’est pas au client que ça doit profiter (à part en recevant une traduction plus cohérente et plus rapide), mais à vous. D’autres diront qu’il est normal de ne pas demander au client de payer 5000 mots qui se sont traduits « tout seul » (mais que vous devrez quand même relire).  Personnellement, je trouve que Trados a pour vocation de me faire gagner du temps, et je n’ai pas envie de perdre une partie de ce temps à faire des calculs alambiqués dans le genre de : 

* Exact match (100%) / Fuzzy match (95-99%) + Repetitions = 30 % of the full rate
* Fuzzy match (75-94%) = 60 % of the full rate
* Fuzzy match (0-74%) = 100%

4) Mes tarifs sont-ils trop bas?

« On me dit que je devrais demander X cents mais je ne demande que Y cents par mot » Je vous arrête tout de suite : vos tarifs ne regardent que vous. Si vous considérez gagner assez, en tenant compte des impôts de votre pays, etc., alors vos tarifs ne sont pas trop bas. Vous n’avez pas à culpabiliser – voir point 2 : la concurrence existe de toute façon, vous ne « tuez » donc pas le métier en proposant un tarif plus bas. Sans compter qu’il est normal qu’un débutant demande moins qu’un expert – c’est le cas dans tous les métiers. En revanche, si vous avez du mal à joindre les deux bouts en fin de mois, il serait peut-être temps d’augmenter vos tarifs. 

5) Mais si je propose un petit tarif, j’aurai plus de clients?

Encore une fois, le prix n’est pas le seul facteur qui compte. Vous aurez peut-être plus facile à trouver des clients, mais mieux vaut avoir 10 bons clients que 100 mauvais, non? Proposez un prix qui vous permette de vivre. Oui, si vous proposez du 10€ de l’heure, vous trouverez peut-être plein de clients – mais vous devrez travailler plus de 10 heures par jour pour être à peine rentable (n’oubliez pas qu’on parle en salaire brut, en tant qu’indépendants). Ce n’est pas ce que j’appelle vivre. Vous devrez peut-être passer plus de temps à chercher des clients si vous proposez un tarif plus élevé, mais ils seront plus rentables à terme. Sans compter que si vous proposez un tarif trop bas, vous paraîtrez cheap, ce qui peut décourager certains clients – vous auriez envie d’acheter une bague de fiançailles pour 10€, vous, ou vous préféreriez mettre un peu plus pour un produit de qualité ?

Conclusion:

En fonction du pays (taxes plus élevées en Belgique qu’en France pour les débutants, prix de la vie plus élevé en Belgique qu’en Inde,…), de la langue (langue rare vs langue commune), du niveau d’expérience ou de la rapidité, de l’outil utilisé,… Les variables sont très nombreuses, de même que les prix proposés. En moyenne, je dirais que les prix varient autour de 6 à 15 cents/mot, mais ça peut aussi bien descendre à 2 cents que monter à 20 cents. Essayez de trouver le meilleur prix pour vous en vous basant sur tous ces facteurs, mais ne vous inquiétez pas : si vous vous rendez compte que votre tarif est trop bas, rien ne vous empêchera de l’augmenter petit à petit.


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