Hier, j’ai tenu tête à un client. Celui-ci me demandait de traduire un PDF trop volumineux pour pouvoir le convertir avec mes programmes gratuits. Je lui ai demandé une version modifiable et il m’a proposé de simplement ouvrir le PDF dans une partie de mon écran et de le traduire dans un document Word ouvert dans une autre partie de mon écran (j’entends grincer des dents les traducteurs qui me lisent).

Il y a deux ans, quand j’ai débuté, j’aurais probablement accepté, de peur de perdre le contrat. Mais là, allez savoir pourquoi, j’ai décidé de ne pas m’écraser. J’ai décidé de répondre gentiment au client que, si sa proposition était réalisable, elle n’était pas pratique. J’ai expliqué les inconvénients pour moi (mauvaise visibilité du document, perte de temps puisque je dois tout recopier y compris ce qui ne change pas, etc), mais aussi pour lui (il pourra recevoir la traduction plus rapidement si je traduis à partir d’un document modifiable, le texte sera plus cohérent si je peux traduire à partir de Trados, etc).

Je me suis montrée aimable, mais ferme. Professionnelle. Et vous savez quoi ? Ça a marché. Le client ne l’a pas mal pris, bien au contraire. Il a été ravi de voir qu’en prenant le temps de me fournir un document modifiable, il y gagnerait aussi. (Il s’agit d’une maison d’édition qui travaille avec des graphistes, il était donc possible pour eux de me fournir un autre format). Il m’a répondu super gentiment, il s’est arrangé pour trouver une solution, et notre relation n’en est que plus saine – pas de rancœur de mon côté, pas de « mépris » du sien de voir que j’accepte tout sans broncher.

Il y a quelques semaines, j’ai demandé une augmentation à un autre client. Une toute petite augmentation, mais qui à terme est intéressante pour moi. Je lui ai expliqué les raisons. Et là encore, j’ai été surprise de voir qu’il l’acceptait sans broncher, en comprenant mes arguments.

Il y a deux ans, quand j’ai débuté, tout cela m’aurait paru inconcevable. J’avais tendance à accepter tout ce que mes clients me demandaient. Mais dernièrement, j’ai réfléchi : si je contactais un avocat ou un comptable, est-ce que je dicterais les règles ? Est-ce que je lui demanderais son tarif minimum, est-ce que je lui dirais quand il doit m’envoyer ses factures, est-ce que je lui dirais de quelle manière il doit faire son travail ? Non. Pourtant, ce sont aussi des indépendants, en général. Mais on les traite avec plus de « respect » (notez les guillemets, je ne dis pas qu’on n’est pas respecté en tant que traducteur, mais la relation est parfois différente).

Conclusion :

On n’a que le bien qu’on se fait. Bien sûr, les clients se permettent de nous demander des choses qu’ils ne demanderaient pas à d’autres professionnels. Mais après tout, on n’est pas obligé de tout accepter. On peut se montrer ferme et dicter nos propres conditions (dans la mesure du raisonnable, of course). La seule règle, c’est de rester courtois et d’expliquer pourquoi on veut que les choses soient faites de telle ou telle manière. Par exemple, si vous travaillez en général pour 0,08 €/mot pour un client et qu’il vous demande de traduire un PDF scanné, vous pouvez lui demander un tarif plus élevé en expliquant que le travail vous prendra plus de temps, qu’il vous faut donc une légère augmentation sur ce projet pour rester dans vos frais. En général, les clients sont plus compréhensifs qu’on ne l’imagine 🙂


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