Bonjour à tous ! J’ai récemment eu le grand plaisir d’aider une collègue à se familiariser un peu avec Trados, et ça m’a donné envie d’écrire une petite série d’articles destinés aux personnes qui, comme elle, ont un peu de mal avec notre bon vieil outil de TAO. Je me contenterai d’aborder les points les plus généraux, l’idée étant de présenter rapidement l’outil aux traducteurs qui le connaissent moins.

Ce premier article couvrira donc la base de la base – à quoi sert Trados et comment se présente l’outil. Le deuxième parlera de quelques fonctionnalités propres à Trados. Le troisième expliquera les manipulations de base pour traduire un fichier « normal » dans Trados, tandis que le quatrième expliquera comment travailler avec un fichier SDLXLIFF/MQXLIFF. Enfin, le dernier donnera quelques conseils un peu plus avancés – comment désactiver des colonnes qu’on ne veut pas traduire dans un fichier Excel, par exemple.

1) Pourquoi utiliser Trados ?

Trados présente des avantages dans différentes situations. Pour n’en citer que quelques-uns, disons que cet outil permet d’assurer facilement la cohérence de terminologie entre les textes, notamment en cas de répétitions ; il respecte automatiquement la mise en page d’un document, ce qui représente souvent un gain de temps ; il réduit le risque de sauter des phrases ; et il nous facilite la vie quand on a affaire à des formats chiants (genre PPT ou Excel).

Toutefois, il a aussi quelques inconvénients : par exemple, quand on travaille sur un texte rédactionnel, ce n’est pas très agréable d’avoir une vision coupée phrase par phrase. Sans compter que si l’outil est certes très complet, il l’est parfois un peu trop – la quantité énorme d’onglets et de rubriques différentes n’aide pas toujours à y voir clair.

Bref, dans l’ensemble, Trados s’adresse principalement aux traducteurs qui travaillent sur des textes contenant de nombreuses répétitions, ou dont les clients préfèrent utiliser un outil de TAO pour simplifier leurs propres processus. Si vous travaillez sur des projets très variés, que vos clients ne vous imposent pas d’avoir Trados et que vous ne vous sentez pas à l’aise avec cet outil, rien ne vous oblige à vous y mettre.

2) Un peu de vocabulaire de base

Certains termes peuvent perturber un peu le néophyte, alors petite explication rapide :

Déjà, Trados est un outil de « traduction assistée par ordinateur » (TAO, ou CAT de l’anglais « computer-assisted translation »). Ce n’est donc pas un outil de traduction automatique, c’est à vous de faire la traduction, Trados vous « assiste » simplement en respectant la mise en page, en vous donnant l’accès à vos mémoires de traduction, etc. Une « mémoire de traduction » est un fichier qui garde en mémoire toutes vos traductions. Ainsi, si une phrase se répète (que ce soit dans un même texte ou dans un nouveau texte, cinq ans plus tard), votre mémoire vous indiquera comment vous aviez traduit cette phrase. On parle alors de « correspondances » : il y a des correspondances parfaites (les deux phrases sont 100 % identiques) et des correspondances partielles ou « analogies » (les deux phrases sont X% identiques : prenons les phrases « la voiture est bleue » et « la voiture est verte » ; votre mémoire de traduction remarquera que vous aviez déjà traduit une phrase presque identique et vous la montrera en mettant en évidence la différence entre les deux phrases). Enfin, une « base terminologique » est une sorte de glossaire : vous pouvez enregistrer des termes avec leur traduction et même ajouter des définitions ou des exemples de contexte, et quand un de ces termes apparaîtra dans une phrase, votre base terminologique vous affichera sa fiche associée.

3) La présentation de Trados

Trados est composé de (trop ?) nombreuses rubriques. En haut, vous avez une barre des tâches (qui varie légèrement selon l’onglet dans lequel vous vous trouvez) ; à gauche, vous avez accès aux différentes pages (accueil, projet, fichier, éditeur, mémoire de traduction) ; et ces pages sont souvent divisées en plusieurs niveaux. Comme il serait vraiment fastidieux de présenter TOUTES les rubriques disponibles dans Trados, je vais essayer de passer en revue les points principaux, pour vous aider à naviguer un peu plus facilement dans l’outil. C’est un peu comme dans Word : dans l’ensemble, vous utilisez principalement 3-4 onglets, et vous allez rarement dans des onglets comme « publipostage » ou « dessin ».

3.1) La page d’accueil

Quand vous ouvrez Trados, vous arrivez généralement sur la page d’accueil. C’est ici que vous pouvez ouvrir un fichier/package, créer un projet, ou encore lire les guides de démarrage rapide et avoir accès aux autres ressources d’aide (dans l’onglet « Premiers pas » ou « Autres ressources »).

3.2) La page de projets

Le deuxième onglet de gauche vous emmène sur la page de projets, dans laquelle vous voyez vos différents projets. Cette page est divisée en deux : en haut la liste de projets, en bas les informations sur le projet sélectionné. Dans la section du bas, vous pouvez ainsi voir les statistiques d’analyse du projet (nombre de répétitions dans le projet), les statistiques de confirmation (nombre de mots déjà traduits/encore à traduire, etc.). Les autres rubriques – détails du projet, attributs du projet, etc. – ne présentent selon moi pas grand intérêt pour un traducteur freelance, elles sont peut-être plus utiles pour un gestionnaire de projet.

En faisant un double clic sur un projet, vous serez envoyé dans l’onglet « Fichier » où vous pourrez voir les fichiers du projet sélectionné.

3.3) La page de fichiers

Ici encore, vous avez une double section. Les fichiers sont affichés dans la partie du haut, tandis que les statistiques sont affichées dans la partie du bas.

En faisant un double clic sur un fichier (ou en sélectionnant plusieurs fichiers et en faisant un clic droit « Ouvrir pour traduction »), vous serez envoyé dans l’onglet « Édition » où vous pourrez vous occuper de traduction à proprement parler.

3.4) La page d’édition

C’est bien évidemment la page la plus complète et la plus importante. N’hésitez pas à la personnaliser selon vos besoins – par exemple, je n’ai quasiment jamais de bases terminologiques ouvertes, j’ai donc fermé cette section pour gagner en visibilité.

Dans la moitié inférieure, c’est facile : vous voyez à gauche votre document source, divisé en « segments » (en général, un segment s’arrête à un signe de ponctuation) et votre traduction dans la partie de droite. En bas à droite, vous voyez les statistiques de confirmation de votre projet : le nombre/pourcentage de mots/segments non traduits, en mode brouillon ou confirmés.

Si vous faites un double clic sur l’un de ces nombres, vous avez la possibilité de modifier vos préférences d’affichage.

Enfin, dans la moitié supérieure de cette page d’édition, vous avez encore différents onglets :

  • « Résultats de la traduction » : affiche les correspondances issues de votre mémoire de traduction. Si vous êtes en train de traduire une phrase qui a déjà été traduite précédemment, elle apparaîtra dans cette fenêtre ; et s’il y a quelques changements entre les deux phrases, ce sera mis en évidence.
  • « Correspondance de fragment » : un peu comme la rubrique précédente, cette section s’appuie sur votre mémoire de traduction, simplement ici il s’agit de plus petites expressions. Imaginons que vous deviez cette fois traduire une longue phrase qui contient à un moment « la voiture est verte », la correspondance de fragment vous signalera que « la voiture est verte » avait déjà été traduit par « the car is green » – ça n’apparaîtra en revanche pas dans « Résultats de la traduction », parce que cette rubrique ne s’occupe que du segment entier sur lequel vous travaillez.
  • « Recherche contextuelle » : ma fonctionnalité préférée ! Elle vous permet de chercher un terme (par exemple, « employee ») et affiche toutes les phrases de votre mémoire de traduction dans lesquelles ce mot apparaît, avec votre traduction à côté – cela vous permettra de voir si vous utilisez généralement le mot « employé » ou « salarié ». (Vous pouvez aussi cliquer sur un mot ou une expression dans le texte source et appuyer sur « alt + f3 », cela vous enverra immédiatement dans cet onglet).
  • « Messages » : affiche les messages d’erreurs/avertissement, liés à la vérification d’assurance qualité.

Dans le prochain article, nous verrons quelques fonctionnalités de base de Trados!

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