Cet article s’adresse principalement aux traducteurs qui débutent. Je me souviens que quand j’ai commencé, je n’avais pas trop confiance en moi en tant que professionnelle (« je n’ai pas assez d’expérience, si un client me donne ma chance c’est parce qu’il a pitié de moi ou que je propose des tarifs plus bas », etc.) aussi avais-je tendance à me sous-estimer et à me sous-évaluer, donnant ainsi une image négative de moi-même à mes clients et clients potentiels. Avec le temps, j’ai identifié quelques erreurs à éviter et quelques conseils qui peuvent aider.

1) N’insistez pas sur vos faiblesses :

Par exemple, ne dites pas « je viens seulement d’être diplômée, mais… », dites simplement « j’ai un diplôme de bac/master de telle école, telles études ». La nuance peut sembler minime, mais enlever l’expression « je viens de » et surtout le « mais » qui implique que ce qui précède est un désavantage peut faire une grosse différence. De toute façon, votre client lira probablement votre CV, auquel cas il saura bien assez tôt que vous n’avez pas beaucoup d’expérience, alors pas besoin de mettre en évidence cet aspect-là ! Au contraire, soulignez les points positifs : (vous débutez en traduction, mais) vous avez travaillé avant dans un cabinet d’avocat/dans une maison d’édition/… ? Parlez-en et expliquez en quoi c’est un atout pour le client, au lieu de vous excuser d’avance pour votre manque d’expérience. L’idée n’est bien évidemment pas de tricher et de vous inventer une vie, mais de mettre en valeur vos points positifs.

2) Construisez-vous une image de marque :

Trouvez un logo qui vous représente, affichez-le sur votre CV, sur votre site, etc. Soyez actifs sur les réseaux sociaux (je sais, j’insiste beaucoup là-dessus), ayez une page professionnelle active où le client pourra en savoir plus sur vous, sur les gens qui vous suivent, etc. Soignez votre image : dans notre profession, il est évidemment essentiel d’avoir une orthographe irréprochable. Si vos articles sont truffés de fautes, vous allez faire fuir vos clients au lieu de les attirer. Évitez aussi d’écrire tout en majuscule (très agressif) ou de mettre dix points d’exclamation/d’interrogation quand vous écrivez.

3) Séparez vie privée et vie professionnelle :

Le point 2 a pour objectif de montrer au client qui vous êtes en tant que pro. Vous pouvez bien sûr parler un peu de vos centres d’intérêts privés, mais ne publiez pas sur votre page pro 1000 photos de votre bébé/animal de compagnie, ne tenez pas de discussions en mode private joke avec vos amis, etc.

4) Soyez toujours poli, même en cas de refus :

Vous avez postulé à une offre et le client vous répond qu’il a choisi quelqu’un d’autre ? Ça arrive. Et vous avez même eu de la chance, car la majorité des clients ne prennent pas la peine de vous prévenir si vous n’êtes pas retenu. Le mieux, dans ce genre de cas, consiste à répondre gentiment que vous êtes content de savoir qu’il a trouvé quelqu’un, que vous espérez que ça se passera bien, et que vous vous tenez à sa disposition s’il a besoin d’aide pour un autre projet dans l’avenir. Vous pouvez éventuellement demander pourquoi le client a choisi une autre personne (est-ce par rapport au prix, à l’expérience… ?), mais trouvez le ton juste – évitez les « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ?/Je peux savoir ce qui ne vous plaît pas, chez moi ? » (Quoi que, ça peut être drôle, l’imitation de l’ex hystérique.)

5) Même chose en cas de critique :

Il peut arriver que le client vous envoie un feedback négatif pour un projet, pour diverses raisons. Si vous avez fait une erreur, admettez-le honnêtement, excusez-vous (dites pardon, pas « oui mais c’est parce que mon fils était malade/j’ai manqué de temps/… » ; vous êtes en tort, peu importe la raison) et promettez-lui de faire encore plus attention à l’avenir. Le client se calmera vite quand il verra que vous admettez vos torts, et sera plus enclin à passer l’éponge. Vous pouvez bien évidemment vous justifier si au contraire vous estimez être dans votre droit, mais ne vous énervez pas sur le client, expliquez-lui calmement pourquoi vous avez fait tel ou tel choix, et demandez-lui ce qu’il en pense.

6) Enfin, évidemment, comportez-vous comme un pro :

N’acceptez pas de projets que vous ne saurez pas gérer, envoyez vos traductions en temps et en heure (voire en avance, c’est toujours une agréable surprise), soyez clairs au niveau de vos horaires (si vous n’êtes disponible que de 10 à 16, dites-le au client afin qu’il sache quand il peut vous joindre), soyez réactifs (ne mettez pas chaque fois 3 heures pour répondre à une offre directe, le client risquera de se lasser et de se diriger vers quelqu’un d’autre), répondez d’ailleurs toujours au client même si c’est pour refuser son projet afin qu’il sache qu’il doit chercher quelqu’un d’autre (sauf si stipulé autrement, certains clients envoient un mail collectif à plusieurs traducteurs en demandant de ne répondre que si on est intéressé), proposez-lui éventuellement un collègue (en qui vous avez confiance) pour vous remplacer…

Conclusion :

Ayez confiance en vous. Vous débutez ? Tout le monde a dû commencer par là, ce n’est pas une tare. Le traducteur freelance fait face à une concurrence colossale puisqu’il s’agit d’une profession peu réglementée au niveau des diplômes et exercée à distance par des collègues du monde entier. Alors, mettez toutes vos chances de votre côté, ne vous tirez pas vous-même dans les pattes !


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